#RDVAncestral – Messages d’un autre temps : la bataille (épisode 5)

Le #RDVAncestral est un projet d’écriture, ouvert à tous, qui mêle littérature et généalogie et qui permet de partir à la rencontre de ses ancêtres. Pour 2020, j’ai choisi de vous raconter une histoire à épisodes, qui va m’amener à voyager dans des lieux et époques différentes et ceci dans un seul but : comprendre la signification de ces messages d’un autre temps.

Résumé des épisodes précédents : Après avoir reçu un étrange paquet contenant un morceau de tuile et un message, je fus transporté en 1737 dans la demeure de Marie HACARDIO, une ancêtre que j’avais rencontrée lors de mon premier RDV Ancestral. Marie me confia alors un second paquet et un nouveau message qui me transporta plus de 50 ans en arrière, dans une période où mes ancêtres s’affairaient à défricher et reconstruire les villages de Schell et Vinsberg qui avaient été ruinés pendant la guerre de Trente Ans. J’y rencontre ensuite Jacques DEFLORENNE, un autre aïeul, qui m’emmène alors jusqu’au centre du village de Luttange où je rencontre mon arrière-grand-père, Baptiste BRENNA. Ce dernier m’annonce avec tristesse que là-haut, il n’a plus aucune nouvelle d’Hubert WALENTIN, un de mes ancêtres fétiches… Puis, je suis à nouveau projeté dans la maison de Marie HACARDIO et je lui remets un linge qu’elle avait a priori perdu. Un nouveau message m’apprend alors qu’Hubert voyage à travers le temps pour rendre service à mes ancêtres…

***

6h20. Le réveil sonne. Mon esprit est encore ailleurs lorsque je me rends compte que je suis bien revenu à notre époque, samedi 19 septembre 2020. A cet instant, je ne sais plus du tout si toute cette histoire n’est finalement qu’un rêve. Pourtant, le dernier message d’Hubert WALENTIN revient en permanence dans ma tête. Finalement, la matinée se passe.

Je suis dans le train en direction de Rennes car je reviens d’un déplacement professionnel. Les paysages défilent à ma droite et puis, assez soudainement, une sensation d’extrême fatigue me gagne. Je m’endors.

Soudain, je suis réveillé par les cris d’un homme qui était juste à côté de moi :

« – Et alors ! Que faites-vous en train de dormir ! Du nerf ! Certains ont été emprisonnés pour beaucoup que moins que ça ! Armée de fainéant ! Si l’Empereur voyait ça ! »

J’essaye de reprendre mes esprits, ne sachant pas où et quand je me trouve. Tout autour de moi, l’agitation règne. Des hommes courent dans tous les sens. Vraisemblablement, il se passe « quelque chose ». Rapidement, j’arrive à reconnaître les uniformes des soldats. Assurément, il s’agit de soldats de l’armée de Napoléon, cette Grande Armée qui a conquis presque toute l’Europe pendant le premier Empire. Moi-même, je porte l’uniforme.

Agenouillé, j’essaye de rassembler mon paquetage. Relevant la tête, j’aperçois un autre soldat qui vient à ma rencontre pour m’aider :

« – Viens ! dépêche-toi ! Nous devons partir pour défendre le camp, les espagnols nous attaquent encore une fois ! Tu es nouveau ici?
Oui et j’avoue être un peu perdu. Merci pour ton aide.« 

Le jeune fusilier m’aide à préparer mes affaires qui trainaient par terre puis se relève. Ses yeux bleus, ses cheveux roux… Le doute n’est presque pas possible. Il doit s’agit de Louis-Joseph WALENTIN ! Bon. Maintenant que j’ai un peu d’expérience dans la rencontre de mes ancêtres, je décide de lui demander son identité :

« – Excuse-moi, mais je ne connais même pas ton nom ?
– Fusilier WALENTIN Louis-Joseph, 1ère compagnie du 4ème bataillon!

Et moi je suis Sébastien, logiquement de la même compagnie !
Mais je te reconnais, je crois que nous nous sommes déjà croisé… n’est-ce pas toi avec qui j’ai parlé sur le chemin de Vigy, au retour de la conscription ? (voir un précédent #RDVAncestral)
Oui c’est bien cela ».

Mon pressentiment était le bon. J’étais donc en face de mon sosa 240, père de ce très cher Hubert WALENTIN. Il me restait maintenant à connaître l’objet de ma venue, mais avant, je devais suivre la compagnie qui se dirigeait à l’extérieur du camp. Un nouveau combat contre les espagnols se préparait.

Louis-Joseph appartient en effet au 119ème régiment d’infanterie de ligne qui a participé activement à la guerre d’Espagne. Ce conflit a débuté en 1808 après un insurrection des habitants de Madrid contre les français qui occupaient la ville. L’armée de  Napoléon fut confrontée à une guérilla, soutenue par la Grande Bretagne. Cinq ans après, l’Armée se vit dans l’obligation de refluer au-delà des Pyrénées. L’Espagne envahit alors la France et elle obtint finalement la victoire avec les forces alliées. Mais tout cela, Louis-Joseph ne le sait pas.

« RASSEMBLEMENT !!! « 

Les hommes de la compagnie se regroupent et se mettent en rang. Grâce à Dieu, je me retrouve à côté de mon aïeul. Je me sens rassuré. Puis, au signal, la troupe avance dans un silence étrange qui tranche avec la confusion générale de la préparation. Au fur et à mesure que nous avançons, je perçois la tension qui monte au sein du groupe. Même si les soldats sont habitués aux combats, chaque sortie peut s’avérer dangereuse, voire fatale. Pourtant, à en croire les registres matricules de cette époque, les hommes meurent plus facilement de fièvre que de blessures lors des combats et des escarmouches. Sur le chemin, Louis-Joseph semble soucieux. Il se penche vers moi et me dit à voix basse :

 » – Je n’aime pas les soldats et mercenaires espagnols. Ils connaissent bien leur pays, ils sont habitués à la chaleur et ils sortent toujours par surprise. Nous avons quand même souffert à Saragosse, Medina et Oviedo… »

A peine m’a-t-il confié son appréhension que l’on entend à notre droite des coups de fusil venant d’une vieille habitation qui semblait déserte. Le combat commence. Très vite, les soldats de notre compagnie sortent leurs armes pour riposter. Moi qui n’ait jamais fait mon service militaire, je suis complètement perdu. Je cherche Louis-Joseph. Tout autour de moi, les cris s’entremêlent aux bruit des tirs. Dans la panique, je cours et je cherche partout une issue. Je suis stoppé net par un grognard qui se place juste devant moi et me regarde droit dans les yeux : « VIENS ! IL FAUT QUE TU M’AIDES ! »

Ce soldat, c’est Hubert WALENTIN…

A suivre…

En savoir plus, je vous conseille de lire l’article que j’avais écrit sur le parcours dans l’armée napoléonienne de Louis-Joseph WALENTIN.

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6 commentaires sur “#RDVAncestral – Messages d’un autre temps : la bataille (épisode 5)”

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